Chaque mois, je te présente une femme qui m’inspire et me donne le sourire.

1) Qui es-tu et que fais-tu dans la vie ?
Je m’appelle Selma Sardouk, je suis coach certifiée et praticienne en thérapie brève. Je suis aussi féministe intersectionnelle et antiraciste. J’aide les femmes (surtout les femmes racisées) à décoloniser leur esprit, prendre leur place et s’affirmer.

2) Comment te sens-tu aujourd’hui ? 
Je me sens bien malgré le contexte actuel très lourd. Entre l’islamophobie et le racisme ambiant, le reconfinement, les derniers attentats, ces dernières semaines ont été assez difficiles. J’ai accueilli et exprimé mes émotions. Aujourd’hui ça va, je suis pleine d’espoir pour l’avenir. Je pense que ces événements nous permettent de vraiment remettre en question le système actuel et de s’organiser entre nous pour apporter de réels changements.


3 ) Quelles sont tes valeurs ? 
Mes 3 valeurs principales sont la justice, l’amour et la liberté. Ce sont mes valeurs personnelles mais aussi professionnelles.
La justice, c’est pour moi, l’idée que chaque personne, peu importe son genre, son âge, son orientation sexuelle ou sa race sociale, a les mêmes droits. L’équilibre entre mes propres droits et les droits des autres est très importants pour moi.L’amour, c’est l’amour inconditionnel qu’on porte aux autres et à soi-même. C’est grâce à l’amour qu’on est tous.te.s interconnectés. La liberté, c’est le fait de reprendre son pouvoir : son pouvoir d’être qui on a envie d’être et de faire ses propres choix en conscience.


4) Ca veut dire quoi pour toi « selfcare » et comment le pratiques-tu ? 
Le selfcare c’est le fait de prendre soin de soi. Pour moi, dans le contexte actuel, c’est aussi un acte politique. Notre bien-être, en tant que personnes discriminées est en soi politique. Au quotidien, je prends du temps pour faire des choses qui me font du bien et qui me font plaisir sans pression. Ça peut passer par le kemetic yoga, une petite marche dans la nature, écrire, lire un livre ou tout simplement relâcher la pression et buller devant une série feel-good. 


5) Tu as récemment fait une journée d’ateliers sur le trauma racial. Peux tu nous expliquer ce qu’est le trauma racial ?
Pour faire simple, le trauma racial est la conséquence des effets négatifs des expériences traumatiques liées au racisme que vivent les personnes racisées. C’est assez particulier car c’est un trauma cumulatif : premièrement, lorsqu’on est descendant de peuples ayant vécu des situations extrêmes d’oppressions liées à leur appartenance ethnique (colonisation, esclavage, guerres, etc…), on porte en nous les effets des traumatismes transgénérationnels et intergénérationnels qui nous sont transmis. Ensuite, on vit dans une société structurellement raciste, on est donc susceptibles de vivre une succession d’expériences traumatiques liées à notre race sociale (en tant que personnes racisées) qui viennent se rajouter au traumatisme déjà existant. Pour préciser un peu les choses, lorsque je parle de trauma, je parle d’événement traumatique, c’est à dire un moment où on sent que notre intégrité physique ou morale est en danger. Après ce trauma, on peut (ou non) développer un traumatisme.

 
6) Tu es féministe,  antiraciste et maman d’un petit garçon. Comment transmets tu ces convictions à ton fils ?
Au quotidien, dans notre manière de vivre à la maison, les principes féministes et antiracistes vont de soi. Néanmoins, depuis son entrée en maternelle, notre rôle, en tant que parents, c’est surtout de déconstruire tous les schémas appris à l’extérieur. Depuis cette année, mon fils me parle de « jeux pour les filles » et de « jeux pour les garçons » et me pose souvent la questions « est-ce que c’est pour les garçons ? ». Je prends le temps de lui expliquer à chaque fois, avec des mots simples, qu’il n’y a pas de différence entre les filles et les garçons. En ce qui concerne l’antiracisme, c’est pareil. Mon fils ayant un « whitepass » (il peut passer pour un petit garçon blanc), il n’a pas encore vécu d’expérience raciste. En revanche, il se rend déjà compte que nous ne sommes pas tous.te.s logé.e.s à la même enseigne et c’est ce n’est absolument pas normal. Je choisis aussi avec soin les livres qu’on lit ensemble, cela peut sembler anodin mais je pense que la culture est un grand vecteur d’idées discriminantes. Je choisis donc des livres inclusifs.

7) Enfin, quelle est ta destination de voyage rêvée et pourquoi  ?
J’ai tellement de destinations rêvées, j’aime beaucoup voyager. En ce moment, j’aimerais retourner dans le Sahara Algérien, parce que c’est un endroit magique et que ma famille maternelle est originaire de là-bas. J’aimerais y aller avec mon fils pour qu’il puisse découvrir cette magnifique région et qu’il rencontre une partie de sa famille. 

Merci infiniment Selma d’avoir joué le jeu. Vous pouvez la retrouver sur son insta -> https://www.instagram.com/selmasardouk/ et sur son site -> https://selmasardouk.com/

Selma a également un podcast que je vous invite à découvrir où elle a justement un épisode consacré ( le 4) au trauma racial -> https://selmasardouk.com/podcast/